Malgré
la richesse de sa vie culturelle et artistique, Toulouse a plusieurs fois
jusqu’à ce siècle laissé passer l’occasion d’acquérir
d’importantes œuvres d’art modernes. En 1901 la Ville refusa l’offre d’un
grand nombre d’œuvres provenant du studio de Toulouse Lautrec, qui furent
par conséquent acquises par la ville d’Albi. En 1996, lors d’une
exposition organisée au Musée des Augustins, la Ville eut
l’occasion d’acquérir une collection de soixante œuvres d’artistes
tels que Jasper Johns, Rauschenberg, Lichtenstein, Sam Francis, Cy Twombly,
Ellsworth Kelly, Rosenquist, Wesselman etc. à un prix moyen de 3.000
francs chacune. Elle n’en acheta que trois, de moindre importance et peu
remarquables. En 1985 la Ville annonce la création d’un Musée
et Centre d’art moderne et contemporain pour tenter de rectifier à
l’avenir les manquements du passé. [56]
Le nouveau musée d’art moderne—qui s’appellera Espace d’art moderne et contemporain—sera à l’avenir situé dans les anciens abattoirs municipaux sur la rive ouest de la Garonne dans une zone urbaine de réaménagement. Le plan de développement du nouveau musée[57] est audacieux et imaginatif. Selon la Charte culturelle signée par le ministre de la Culture et la Ville de Toulouse le 24 février 1994, il sera financé à 40% par une subvention de l’Etat, le coût total s’élevant à 110 millions de francs. Il paraît que la Donation Denney est centrale à la collection et qu’elle est la raison principale de l’investissement par la Ville, la Région et l’Etat dans le nouveau musée. [58]